Est-ce que les femmes osent s’affirmer ?
A deux reprises en une journée, deux femmes m’ont dit ne pas mettre en avant leur réussite, leurs succès, de peur de paraître arrogantes. Elles ont tort.
Je les comprends, bien sûr.
Mais, dans le cadre d’une prise de parole professionnelle, dans certains contextes, il est parfois opportun de raconter ses succès.
➡️ Cela n’est pas de l’arrogance, c’est une émotion, une fierté partagée et cela touche l’auditoire.
➡️ Ce n’est pas de l’arrogance, c’est votre expérience et donc votre crédibilité.
➡️ Ce n’est pas de l’arrogance, c’est du storytelling qui illustre votre propos et le renforce.
N’ayez pas peur de partager vos succès, vos fiertés, vous risquez d’être convaincante et inspirante. Attention, c’est communicatif !
Catégorie : éloquence
COMMENT ARRETER DE DOUTER ?
« 𝐽𝑒 𝑑𝑜𝑢𝑡𝑒 », « 𝑗𝑒 𝑛𝑒 𝑠𝑢𝑖𝑠 𝑝𝑎𝑠 𝑐𝑒𝑟𝑡𝑎𝑖𝑛 𝑑’𝑦 𝑎𝑟𝑟𝑖𝑣𝑒𝑟, 𝑑’𝑎𝑣𝑜𝑖𝑟 𝑑𝑢 𝑡𝑎𝑙𝑒𝑛𝑡 »…
Cette phrase, nous l’avons tous prononcée. Je l’entends tous les jours dans les ateliers que j’anime. Je l’ai entendue récemment de la part d’un client, avocat.
𝐍𝐨𝐮𝐬 𝐬𝐨𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐭𝐨𝐮𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐫𝐨𝐧𝐭𝐞́𝐬 𝐚𝐮 𝐝𝐨𝐮𝐭𝐞.
A l’occasion d’une prise d’une prise de parole, plus encore.
Les questions se bousculent :
– ai-je oublié un point ?
– pas sûr d’avoir été à la hauteur de l’enjeu
– suis-je assez clair ?
– etc.
Douter permet de se remettre en question et donc de progresser.
Mais, il y a une limite : ne remettez pas en cause votre personnalité et vos qualités ! Il y a toujours un orateur qui sommeille en vous, il suffit de le révéler.
Dans mes accompagnements, je commence toujours par un exercice simple de prise de parole devant la caméra et vous demande votre feedback : 3 qualités et 1 axe d’amélioration.
Ce exercice vous permet de prendre conscience de vos atouts : 🥇
– votre voix
– la fluidité du discours
– une belle accroche
– un propos structuré
– un visage souriant …
Résultats : 🎯
– une confiance musclée,
– des doutes ébranlés, voire balayés,
– l’envie de continuer.
AIMER SA VOIX
Je n’aime pas ma voix.
Elle est scolaire, fluette, trop douce, trop forte … 🗣️
C’est ce que m’ont dit les deux dernières personnes que j’ai formées avant de débuter les ateliers à la prise de parole en public.
Elles n’aiment pas leur voix. Et cela est un réel handicap au moment de prendre la parole en public car la prise de parole manque d’assurance. Il y a un retrait qui se sent et s’entend.
Très difficile dans ce cas d’être convaincant pour la bonne raison que l’on n’a pas l’air convaincu !
Après quelques séances, ces personnes se sentaient mieux et commençaient une meilleure cohabitation avec leur voix, qu’elles trouvaient plus expressive. 🎯
Bien sûr, je n’ai pas le pouvoir de changer leur voix.
Alors, 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐯𝐨𝐧𝐬 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐜𝐡𝐨𝐬𝐞𝐬 :
➡️ je les ai habituées à entendre leur voix et à se familiariser avec elle
➡️ nous avons, comme un chef d’orchestre, travaillé toute l’étendue des pouvoirs de la voix et procédé à quelques réglages comme, par exemple, le rythme, le débit, le phrasé, les pauses …
🥇 Résultats :
🪄 Ces personnes acceptent mieux leur voix.
🪄 Elles ont appris à la travailler et à la mettre au service de leurs prises de parole.
🪄 La conséquence est bluffante : elles ont gagné en pouvoir de conviction.
Un peu d’originalité
J’en ai marre de ces phrases convenues, adages, principes que l’on répète jusqu’à l’écœurement sans toujours avoir vérifié leurs sources.🥸
En prise de parole, on entend très souvent citer cette phrase : » le stress viendra avec le talent », phrase attribuée la plupart du temps à Sarah Bernhardt qui l’aurait servie à une jeune comédienne ne ressentant pas le trac ! Sympathique !
Non mais STOP !
➡️ D’abord, la phrase est aussi parfois attribuée à Louis Jouvet ! Donc faudrait savoir …
➡️ Ensuite, au secours, cette idée péremptoire ! D’accord, la citation peut faire sourire, mais quel intérêt puisque c’est faux.
C’est faux car nous sommes tous différents ! Nous ne réagissons pas de la même façon aux situations et cela n’est pas une question de talent ou de compétences.
C’est faux car un même individu peut être stressé dans un contexte et pas dans un autre et cela n’a rien à voir avec son talent et ses compétences !
➡️ Donc, on arrête avec les idées reçues, les phrases toutes faites mais qui font bien.
➡️ Oui, le stress, c’est normal, ça s’en va et ça revient (moi aussi j’ai des références 😉), ne pas en ressentir, ce n’est pas anormal et ne fait pas de vous un crétin sans talent. En avoir, c’est bien aussi et ça peut faire progresser ou ça peut être paralysant et angoissant.
𝐁𝐫𝐞𝐟, 𝐞𝐧 𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐨𝐥𝐞 𝐞𝐭 𝐚𝐫𝐭 𝐨𝐫𝐚𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝐬𝐨𝐲𝐞𝐳 𝐜𝐮𝐫𝐢𝐞𝐮𝐱, 𝐜𝐮𝐥𝐭𝐢𝐯𝐞𝐳 𝐯𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐬𝐢𝐧𝐠𝐮𝐥𝐚𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐧’𝐚𝐫𝐫𝐞̂𝐭𝐞𝐳 𝐩𝐚𝐬 𝐝’𝐚𝐩𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 !
NB : Bien sûr, énervement tout relatif et je plaide coupable car, moi aussi, j’utilise quelques redoutables citations bien trop entendues (mais je ne vous dirai pas lesquelles !)
Les tics de langage
Le piège de toute prise de parole
On l’a tous vécu, on le pratique tous, c’est le tic de langage.
Vous savez ce petit mot, comme « du coup » ou le célèbre « euh » qui ponctue vos phrases, vos mots.
Prononcé deux ou trois fois dans une même intervention de 5 minutes, par exemple, ce n’est pas un problème.
Mais cela le devient si vous le répétez trop, au point que cela devient une ponctuation et scande la moindre de vos phrases.
𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐦𝐚𝐮𝐯𝐚𝐢𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐯𝐨𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐨𝐥𝐞 ?
– cela n’est pas agréable à l’oreille de l’auditoire, le discours manque de fluidité,
– cela finit par détourner l’attention de l’auditoire qui peut se lasser ou focaliser sur le tic,
– cela impacte négativement votre image et votre éloquence car vous pouvez paraître peu à l’aise, hésitant, pas sûr de vous…
𝐌𝐚𝐢𝐬 𝐛𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐥𝐥𝐞 ! 𝐈𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐨𝐬𝐬𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐢𝐦𝐢𝐧𝐮𝐞𝐫 𝐜𝐞𝐬 𝐭𝐢𝐜𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚𝐧𝐠𝐚𝐠𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐠𝐚𝐠𝐧𝐞𝐫 𝐞𝐧 𝐟𝐥𝐮𝐢𝐝𝐢𝐭𝐞́ 𝐚̀ 𝐥’𝐨𝐫𝐚𝐥 !🧶
𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 ?
Plusieurs outils s’offrent à vous, par exemple :
🛠️ la prise de conscience : Soyez conscient en toute objectivité de l’ampleur ou pas du problème. Pour cela, filmez vous et écoutez vous. Le simple fait d’être confronté à votre image réelle devrait vous aider à limiter les tics.
🛠️ un travail sur la respiration et le souffle : prenez le temps de bien respirer, par le ventre, et de mettre de l’air entre les phrases
🛠️ apprendre à faire des pauses et gérer les silences : gérez le rythme et notamment le débit de votre prise de parole, notamment en ralentissant et faites de véritables pauses, des moments de silence de 1 à 2 secondes
🛠️créer un automatisme : entraînez-vous, y compris dans un cadre perso, et dès que vous sentez le euh ou le du coup arriver, fermez la bouche !
Avez-vous des tics de langage ?
Apprendre par coeur
Est-ce qu’apprendre par cœur tue l’éloquence ? 🗣️
La réponse est assez simple.
Apprendre par cœur son discours, c’est :
✅ se rassurer « je connais mon texte »
✅ l’impression de maitriser la situation
✅ savoir où l’on va.
👉Oui, mais, ce que vous croyez gagner en confiance, vous le perdez en éloquence.
Car, apprendre par cœur, c’est :
❌ se couper de votre auditoire
❌ ne pas savoir gérer l’imprévu
❌ réciter comme un écolier
❌ ne pas laisser de place à la spontanéité
❌ ne pas être naturel…
Donc un discours sans vie, sans leadership et le risque de trébucher décuplé au moindre grain de sable.
Essayez de n’apprendre par cœur que l’essentiel (les idées fortes, la structure, voire l’accroche) mais guère plus. N’ayez pas peur de créer du lien avec votre auditoire (il vous le rendra !), n’ayez plus peur de bafouiller en cherchant vos mots (c’est humain et ne nuit pas à votre propos). Ce sera toujours plus simple que de tenter de reprendre là vous avez été interrompu en cas de par cœur !
La règle n’est pas absolue, bien sûr !
La preuve :
» Les choses que je veux faire savoir, que je trouve importantes, je les écris toutes, je les apprends par cœur, je travaille beaucoup et longuement, je me donne un mal de chien et je les récite parce que je veux qu’on les sache ».
Oui, mais, cet orateur a également travaillé avec un coach comédien pour parfaire ses interventions et un maquilleur. Cela dit, lui … c’est lui ! 😉
Une recette infaillible
Comment avoir du succès quand on prend la parole ? 🌟
Pour être écouté, compris et apprécié (oui aussi !), une recette infaillible :
🧨L’humour !
Parce que « Le rire est le chemin le plus direct entre deux personnes » (Charlie Chaplin).
😃 L’humour et la bonne humeur qui en découle est un booster d’énergie tant pour le corps que pour l’esprit.
Par le divertissement qu’il procure, l’humour permet de se libérer du stress et de créer des liens de complicité avec l’auditoire.
🪄C’est donc un véritable atout pour marquer les esprits quand on prend la parole.
💡 L’intérêt : En vous rendant encore plus sympathique, vous allez rendre votre auditoire plus réceptif.
Il se souviendra aussi plus facilement de votre présentation.
😂 Comment ?
Nul besoin d’être un as du stand-up. Les moyens sont nombreux, il vous suffit de trouver ceux qui vous correspondent le mieux et, bien sûr, de ne pas en abuser.
Par exemple :
– raconter une anecdote surprenante et drôle
– manier l’exagération
– faire des démonstrations par l’absurde
– recourir à un visuel complètement décalé. C’est là où le recours au ppt prend tout son sens !
Partagez en commentaire vos techniques !
#humour #pitch #convaincre #coaching #communiquer
PLAIDER AU FEMININ ?
Y a -t-il une façon de plaider au féminin, une façon de plaider féminine ?
Je ne m’étais jamais posée la question !
Avocate pendant 20 ans, j’ai toujours plaidé comme j’étais, comme je voulais, sans m’opposer plus ou moins selon que mes confrères étaient masculins ou féminins.
Le ton de ma voix, la force de frappe de mes arguments dépendaient de mon dossier, de mon client, de mon contradicteur et de la qualité d’écoute des juges.
Etre une avocatE ne rentrait donc pas dans mon logiciel quand je préparais mes plaidoiries.
Et la compétence, comme la médiocrité, n’ont pas de sexe. J’ai entendu des consoeurs avec des voix fortes et pleines d’assurance et à l’inverse des confrères timides et bredouillants. Je n’ai pas relevé dans l’exercice une façon masculine et une façon féminine.
📌 Les temps changent.
Je suis maintenant coach en prise de parole et art oratoire et on me sollicite pour apprendre à convaincre au féminin.
⛳️ C’était notamment le sujet de l’émission « un monde en doc » animé par Rebecca Fitoussi sur Public Sénat et diffusé après l’excellent documentaire « Tenoras : paroles d’avocates » de Lisa Vignoli et Julia Minkowski
A la question : plaide-t-on différemment quand on est une femme, elles répondent que :
– la plaidoirie n’est pas nécessairement genrée. D’autant plus que nous plaidons telles que nous sommes.
– Mais, les femmes ont eu peu de modèles. Elles ont donc dû trouver une autre façon de plaider et s’inventer en dehors de l’image d’Epinal de l’avocat pénaliste à la grosse voix et qui occupe tout l’espace, dont le Ministre de la justice actuel, avocat, Éric Dupond-Moretti, est un bon exemple.
Ces femmes avocates pénalistes expliquent adopter des postures plus discrètes, avoir des voix qui portent moins, emprunter des chemins différents, avec une approche plus fine, faisant également preuve de davantage d’imagination, de liberté et de créativité.
On peut donc s’affirmer d’une façon différente même dans un domaine où le rapport de force fait presque loi.
Que retenir ?
Une voix douce, une petite stature, être une femme … ne sont pas des obstacles pour une prise de parole combative et convaincante.
En conclusion : Soyez vous-même ! Cultivez vos singularités et ne vous comparez pas !
Si vous souhaitez prendre conscience de vos atouts, plaider comme vous êtes, contactez-moi.
Activez pour voir l’image en plus grand
UNE ORATRICE à L’ASSEMBLEE
Si je vous dis :
» Produit, consomme, crève »
ou :
« le chaos, c’est vous,
la provocation, c’est vous,
la violence sociale, c’est vous ».
Qui est-ce ?
Des indices :
✅une éloquence travaillée : Rythme ternaire, épiphore …
✅ un style direct et percutant où le fond de la pensée est aligné avec le vocabulaire utilisé et le recours aux formules comme des uppercuts, opposant le camp du bien et celui du mal, bref une seule et même couleur, fil rouge qui transpire à chaque instant
✅ une voix grave et un regard direct.
👉 Ce sont quelques-uns des éléments qui composent la signature rhétorique de la Députée Mathilde Panot, Présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale.
Interrogée sur son style direct et sans concession, elle déclare « ce n’est pas réservé aux hommes d’être tribun et aux femmes d’être douces….ce temps-là est révolu ». Elle explique avoir été formée par Jean-Luc Mélenchon et avoir travaillé la prise de parole.
💡 Que peut-on en retenir ?
🚀 que la prise de parole (quelle que soit sa forme) s’apprend et se travaille (il n’y a pas de mystère)
🚀 que l’on peut être une femme et s’exprimer de façon forte, abrupte
🚀 que la clé réside notamment dans l’authenticité. Elle dit ce qu’elle pense et comme elle le ressent. L’alignement (la congruence) est parfait, il n’y a pas de jeu de déclamation ou d’interprétation.
Les prises de parole de Mathilde Panot ne laissent pas indifférents (quelles que soient nos idées politiques), elles marquent les esprits.
C’est une femme, ancrée dans son époque. Que l’on partage ou pas ses opinions politiques, elle fait partie de celles qui osent donner de la voix.
Vous la connaissez ?
LES BONNES PRATIQUES POUR UNE PLAIDOIRIE REUSSIE
Je vous livre 3 tips pour développer votre force de persuasion, 3 tips qui sont évidents, mais 3 tips à mettre REELLEMENT en pratique !
C’est en collaboration avec le Village de la justice. Pour découvrir l’article, cliquez sur le lien https://lnkd.in/etT3s3Ma
