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L’anacoluthe

L’anacoluthe est une rupture de la cohésion syntaxique de la phrase. Plus simplement, il s’agit d’une rupture dans la construction d’une phrase.

En résumé, vous ne finissez pas la phrase comme vous l’avez commencé.

Par exemple : « Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, la face du monde en eût été changée ». Pascal, Pensées, 392.

Son intérêt : l’effet sur le rythme avec la rupture, la surprise créée, et l’impression de suivre votre pensée en direct.

Autant d’éléments qui permettent de mieux capter l’attention de l’auditoire.

Réussir sa visioconférence

Confinement oblige, nos échanges professionnels se font par caméras interposées. Pour rendre cette prise de parole efficace, quelques conseils, notamment si vous en êtes l’organisateur.

La préparation

  • Plus que jamais, sachez ce que vous avez à dire et évitez l’improvisation ! Préparez votre intervention à l’avance et gardez à portée de main une feuille de route avec l’objectif de la réunion, le déroulé prévu (les points, qui dit quoi, les questions-réponses)
  • Fixer un timing (de 15 minutes à 1 heure selon le nombre de participants)
  • Adresser un email la veille aux participants précisant l’objet de la réunion, l’ordre du jour, le passage des interlocuteurs
  • Choisir avec soin son emplacement : que l’on vous voit bien, sans contrejour, sans distraction pour l’œil (un coin rangé et sobre)
  • Tester le micro

Préparer avec un ordre du jour, répéter en se filmant permettent de gagner en fluidité et en efficacité. Cela optimisera l’écoute.

L’animation

  • Démarrer la réunion : commencer par une ronde avec les présents, leur demandant leur état d’esprit, comment ils vont, ce qui permet aux retardataires d’arriver sans avoir à reprendre la réunion
  • Annoncer les règles : la durée, l’ordre du jour et la prise de parole chacun son tour ou en levant la main, demander à éteindre les micros pour éviter les bruits parasites
  • Quand vous parlez, parlez normalement, faites des pauses brèves entre les mots, regardez la caméra et non l’écran. Ne monopolisez pas la parole.

Interpeller nommément les personnes, citer leur nom, leur demander leur avis. L’interaction est indispensable.

Le mot de la semaine : l’aposiopèse

Avant de partir en weekend, une astuce d’orateur : l’aposiopèse.

De quoi s’agit-il ? Encore une figure de style.

Elle peut se matérialiser comme ça : « … ».

C’est en réalité un procédé qui consiste à suspendre le sens d’une phrase en laissant à votre auditoire le soin de la compléter.

L’aposiopèse, c’est donc un silence, une rupture en plein milieu de la phrase.

Elle fait naître une émotion, un suspense, et présente aussi l’avantage de reprendre son souffle ou ses idées !

Ainsi, la prochaine fois que vous parlez, n’ayez pas peur du silence !

Le mot de la semaine : la symploque

C’est une figure de style.

C’est une anaphore et une épiphore.

Facile !

L’anaphore, vous connaissez : « moi, Président…. ».

L’épiphore, c’est pareil, c’est la répétition mais placée en fin de phrase.

Concrètement la symploque, c’est donc une double répétition : les mêmes mots en début et les mêmes mots en fin de phrase. L’effet est marquant dans un discours.

Un exemple ? « On nous dit que la gauche n’a aucune chance mais rien n’est écrit. On nous dit qu’elle ne rassemblera jamais, qu’elle en est incapable, rien n’est écrit. On nous dit que l’extrême droite est qualifiée d’office pour le second tour, rien n’est écrit. On nous dit que François Fillon est déjà le prochain président de la République, rien n’est écrit. »

Reste une question : qui a parlé ?

Peur de parler en public 

Saviez-vous qu’un discours improvisé a été réécrit trois fois.

C’est un grand orateur qui parle, Winston Churchill.

Que faut-il en retenir ?

Contrairement aux idées reçues,

  • être un bon orateur n’est pas forcément un talent inné.
  • prendre la parole, cela s’apprend.
  • Une des clés de l’apprentissage est l’entraînement. Si vous avez une intervention à faire, répétez là ! Iriez-vous jouer une compétition de tennis sans entraînement ? non. Donneriez-vous un concert sans répétition ? non. C’est la même chose pour prendre la parole : répétez, répétez et répétez. Deux avantages : un stress limité et une présentation maitrisée et plus percutante.

Le mot de la semaine : la prétérition

Très utilisée, notamment en politique (mais c’est aussi vrai pour les plaidoiries), c’est une figure de style qui consiste à dire ce que l’on ne va pas dire … pour mieux le dire !

Vous me suivez ?

Bref on déclare passer sous silence une chose dont on parle néanmoins par ce moyen (Larousse). Intéressante car elle titille inévitablement l’attention de votre interlocuteur.

Des exemples ?

En général, les phrases débutent de ces façons : « Je ne vais pas vous dire que … » « Nous ne sommes pas venus pour … » « Inutile de vous dire … ».

A vous de parler !

Savoir pérorer

Pour faire un bon discours, il est important de pérorer…

Non il n’est pas question de se lancer dans un discours prétentieux, … mais de savoir conclure son intervention. En rhétorique, la péroraison constitue la dernière des cinq parties d’un discours structuré. Elle permet de récapituler les points traités dans le discours et de le conclure.

C’est la dernière impression que vous allez laisser à votre auditoire pour emporter son adhésion. Elle est donc essentielle.

C’est pourquoi il faut la préparer soigneusement en amont de l’intervention et ne pas se contenter d’un rapide et expéditif, « voilà, merci … »

Progresser

Etre à l’aise lors d’une prise de parole en public, cela s’apprend.

Petit truc : avant de vous lancer, repensez à un discours que vous avez apprécié et à un autre que vous n’avez pas aimé.

Prenez le temps d’y réfléchir puis de noter les raisons pour lesquelles vous avez aimé et pas aimé. Faites une colonne + et une colonne – (par exemple : un ton de voix ennuyeux, un échange avec le public…).

Ces premiers éléments vous serviront de guide pour préparer votre intervention.

Le public

Prendre la parole en public, cela parait évident mais dans « prise de parole en public », il y a « public ».

Retenez : faire passer un message suppose avant toute chose de prendre en considération celui auquel vous vous adressez.

Cela suppose de penser à lui quand vous rédigez votre intervention (public averti ou pas par exemple) et d’être attentif à lui quand vous parlez (il baille, boit vos paroles …).

Je retiens cette jolie phrase « On démarre son histoire là où se trouve le public » (hashtagMichelLevyProvencal, les secrets des meilleurs orateurs).