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Le mot de la semaine : Zeugma

Pour le premier mot de l’année, commençons par la dernière lettre de l’alphabet !

Attention, derrière cette phrase se cache une figure de style évoquée en 2020, laquelle ?

On ne le répètera jamais assez, pour une prise de parole impactante, il faut enrichir son vocabulaire, jouer avec les mots, les tournures, les sonorités et user des figures de style.

Celle du jour : le zeugma ! Intéressant à placer dans un diner ou dans un scrabble, le zeugma est aussi une figure de style à laquelle nous avons souvent recours, sans le savoir et qui allège bien des interventions.

Le zeugma est un procédé consistant à faire dépendre d’un même mot deux éléments qui entretiennent avec lui un rapport différent. Concrètement, c’est une construction (une forme d’ellipse) qui consiste à ne pas répéter un mot ou un groupe de mots déjà exprimés dans une proposition immédiatement voisine.

Par exemple :
– La salle de réunion était pleine de collaborateurs, et les cerveaux d’idées.
– Retenez cette date et une place au restaurant !
– Pour un exemple plus littéraire : « L’air était plein d’encens et les prés de verdure » (Hugo, Source : Le Robert).

L’intérêt : de la fluidité, de la légèreté

Bonne année !

✨ AdVocatio vous souhaite une heureuse année 2021 ! ✨
Qu’elle soit apaisée, démasquée et riche d’échanges retrouvés !

En attendant, un immense merci à ceux qui nous ont fait confiance cette année, malgré les masques, la distanciation, le trac…
Merci pour ces échanges, pour les sourires et les rires partagés, les improvisations, fortes, drôles, les arguments percutants, inédits, les discours émouvants, pertinents.

Merci pour vos encouragements, votre présence. Grâce à vous, cette année 2020 singulière restera aussi celle de l’envol d’AdVocatio.

Vive 2021 !

Le mot de la semaine : Chiasme

Connaissez-vous le chiasme ?

C’est une figure de style qui consiste à créer un effet de miroir entre les éléments d’une phrase. Les éléments se répondent de façon à créer soit un parallèle soit une antithèse : à un adjectif et un nom, répondent un nom et un adjectif.

Par exemple :

« Blanc bonnet et bonnet blanc « , ou le chiasme parfait !

Ce n’est point parce qu’il est difficile que nous n’osons pas ; c’est parce que nous n’osons pas, qu’il est difficile.” Sénèque


L’effet du chiasme : donner du rythme et instaurer une répétition.

Eloquence et regard

Prise de parole | Anecdote | Eloquence et regard

En 1921, s’ouvre le procès de Landru. Il sera guillotiné pour avoir tué près de dix femmes. Mais, aucun corps n’a jamais été retrouvé.


Il est assisté par Vincent de Moro Giafferi, un des plus grands avocats du XXème siècle.

La plaidoirie est brillante. L’avocat pointe du doigt un élément majeur : aucun corps n’a été retrouvé, il n’y a pas de preuve, l’accusation repose donc sur des suppositions.

« Comment condamner aujourd’hui un homme pour le meurtre de 10 femmes et être demain dans l’impossibilité de délivrer un jugement déclaratif de décès aux familles faute d’avoir retrouvé un quelconque corps ?« 

Au-delà du procédé rhétorique, l’histoire veut que l’avocat prétend alors qu’une des victimes prétendument morte aurait été retrouvée et serait prête à apparaître. Toute la salle et les jurés, se seraient alors tournés vers la porte.

Ce serait donc bien la démonstration de l’absence de certitude quant à la culpabilité de Landru.

Oui mais…

Une seule personne n’a pas regardé la porte…

C’est Landru…

Ce qui n’échappe pas à l’avocat général.

Landru sera condamné et guillotiné.

Et si on croisait le fer ?

Expression imagée pour signifier que l’on s’oppose lors d’un conflit, au sens propre, se battre à l’épée.

Après, nous pourrions aller prendre un verre. La réalité (nous allons boire de l’eau, du vin … dans un verre, et non pas littéralement, boire le verre) cède là-aussi place à l’image. Pour parler facilement, on utilise une forme de raccourci, qui a la mérite de la simplicité et de l’efficacité.

Ce raccourci porte un nom, c’est la métonymie. Du grec « changement de nom », la métonymie est une figure de style dite de substitution qui consiste à désigner un concept par l’intermédiaire d’un autre avec lequel il entretient un lien logique.

C’est une figure de substitution

La relation entre l’élément dont il est question et celui qui est sous-entendu est diverse.

Par exemple : le contenant pour le contenu (prendre un verre), le lieu pour la chose (l’Elysée communiquera ce soir), l’artiste pour l’oeuvre (j’ai relu tout Sartre).

C’est bref, imagé, génère une forme de proximité donc utile dans une prise de parole pour la rendre efficace et donner l’apparence de la spontanéité.

Un combat pas un débat

Bienvenue au Far West !

Que restera-t-il du débat présidentiel ayant opposé Donal Trump et Joe Biden mardi soir à Cleveland ?

Sur le programme de chacun des candidats, sans doute pas grand-chose, mais sur la forme ?

Les commentateurs sont à peu près unanimes pour décrire l’ambiance à couteaux tirés, l’agressivité, le mépris et la cacophonie.  Essayez, vous verrez c’est assez fatigant ! Pour autant, au milieu des invectives, la voix de Joe Biden, quand on arrive à l’entendre, est posée, calme et ferme, incarnant une certaine force tranquille.

Joe Biden sait aussi distribuer les coups et délivre quelques uppercuts, qui n’élèvent pas le débat : « Would you shut up man ? » (en gros, « vous allez vous taire ? », en langage poli…).

Would you shut up, man ?

Mais mais mais …

Si Donal Trump a visiblement décidé de pousser son adversaire à la faute : il l’interpelle sans cesse « Joe »,« Joe », le coupe très fréquemment, le regarde, le mettant au défi, le vice-président Biden n’en a cure et c’est là sa grande force. Il reste la plupart du temps face caméra, les yeux plantés dans ceux des électeurs à qui il s’adresse directement, parlant de son adversaire à la troisième personne (« il n’a pas de programme »), et leur martelant d’aller voter.

face caméra, les yeux plantés dans ceux des électeurs

Joe Biden a donc su se défaire de sa réputation « d’endormi ».

Mais, pour le reste, le débat politique n’en sort pas grandi, attendons les prochains rounds.

Pour voir le débat en intégralité ->  https://www.lci.fr/international/en-direct-video-elections-americaines-2020-un-premier-debat-donald-trump-joe-biden-extremement-offensif-2163276.html

Un outil rhétorique pour gagner en éloquence

Comment donner du relief à ses prises de parole ?

Il existe différentes techniques afin de rendre une prise de parole efficace et gagner l’écoute, voire l’adhésion de l’auditoire.

Parmi elles, l’épanorthose.

C’est une figure de style qui consiste à corriger son propos afin de le renforcer, le nuancer, le préciser.

Par exemple :

« J’espère, que dis-je, je suis sûr que l’on vous rendra justice »
« Le nez de Monsieur Cambremer n’était pas laid, plutôt un peu trop beau, trop fort, trop fier de son importance».
Et bien sûr : « C’est un roc ! … c’est un pic ! … c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? … C’est une péninsule ! ».

Le but ?

Donner du relief en exprimant votre opinion de façon plus frappante, voire de façon humoristique ou ironique.

L’art de l’improvisation

Le discours de la semaine est riche d’enseignements.

D’abord par la sincérité avec laquelle l’oratrice se dévoile et raconte son parcours, ses échecs :

« En me cachant, je me coupais d’une grande partie de mes moyens de communication ».

Ensuite, par cette structure invisible et pourtant bien présente du récit propre au storytelling

Enfin, par la découverte de l’improvisation.

« L’improvisation (…) c’est être à 100 % dans l’instant présent » dit-elle.

Parler, communiquer, c’est effectivement cela. Etre en permanence en lien avec son auditoire, le sentir, le prendre comme il est, et ne pas rester dans sa bulle.

Ecoutez son histoire, retenez ses expériences et laissez vous bercer par sa voix.

L’oratrice, Cyrille Aimée, est chanteuse de jazz et partage les clés de l’improvisation musicale, transposables à tout discours.

C’est par ici : https://www.youtube.com/watch?v=eWdw2mv144U

Le saviez-vous ?

Pourquoi AdVocatio ?

En découvrant AdVocatio, vous avez peut-être pensé « encore une formation en prise de parole en public ». Pas faux ! Mais pas juste !
AdVocatio propose des coaching de prise de parole et art du discours par un avocat. Le fond et la forme. L’un ne va pas sans l’autre. J’en fais l’expérience notamment dans les prétoires depuis de nombreuses années.

A l’écrit comme à l’oral, j’ai toujours milité pour la place des virgules ou des silences, tout comme le choix des mots et la présentation des arguments. C’est donc en toute logique que j’ai souhaité proposer des ateliers de prise de parole mêlant travail sur la voix, la posture et aussi la rhétorique.

AdVocatio, c’est le fond et la forme

Après avoir réfléchi à ce que je souhaitais proposer, il fallait trouver un nom.
Alors que je cherchais ce nom, j’ai entendu à la radio une voix tout à la fois ferme et posée expliquer le métier d’avocat, le sens de la défense et des mots pour défendre et convaincre. Et la voix d’expliquer les racines latines de cette fonction qui consiste à être appelé et parler pour l’autre : « Advocatio ». Advocatio (du latin advocatus) signifie « action d’amener à soi » et c’est la racine du mot avocat.


C’était évident. AdVocatio était né.


Et la voix ? C’était celle d’Eric Dupond-Moretti.

De l’art du discours

10 minutes suffisent pour vous emporter. Emmanuel Faber livre ici un fantastique discours qui éveille la curiosité, émeut et donne envie d’agir.

Relevant davantage du storytelling que du discours classique, cette prise de parole contient de nombreuses clés permettant de capter l’attention et d’emporter l’adhésion, saurez-vous trouver lesquelles ?