Une cliente, cadre dans une banque, m’interpelle :
« Si je donne toutes les techniques que tu nous apprends aujourd’hui à l’IA, elle fera une super présentation en 2 secondes à ma place. Et c’est du temps gagné. »
Elle n’a pas tort ! Il est certain qu’en donnant les techniques de structuration du discours, et donc un bon prompt à l’IA, la prochaine présentation de son équipe au Comité de pilotage sera plus structurée et plus claire.
Sur le papier. Et sur le papier uniquement.
Le message sera certes structuré mais quid de la façon de le porter à l’oral ? Sera-t-elle impactante ?
C’est toujours le même problème auquel je me heurte : confondre préparation d’une réunion et préparation de la façon de porter les messages.
Donc, oui, l’IA vous fait gagner un temps précieux sur le fond, sur votre dossier. Et c’est beaucoup mais c’est tout.
Car si vous croyez avoir préparé votre présentation, vous vous trompez : A aucun moment, vous n’avez verbalisé, alors que c’est là tout l’intérêt d’une réunion !
On y parle, échange, contextualise en temps réel. On ne lit pas et on ne récite pas.
Il faut bien comprendre une chose : la valeur ajoutée de l’humain se déplace. Ce qu’on jauge aujourd’hui c’est votre capacité à porter une voix, un message, à construire une relation. Et ça l’IA ne le fait pas (encore ?) à votre place.
L’IA ne parle pas pour vous autour de la table. L’IA ne répond pas aux questions et objections pour vous dans la salle.
N’oubliez pas : La présentation, si structurée et claire soit-elle, n’est que l’accessoire de votre parole, pas l’inverse. Et c’est bien pour cette raison que je recommande de vous servir de l’IA pour le fond, l’écriture, sans lui laisser faire tout le job : mettez vos mots, répétez à voix haute, n’écrivez pas tout.
Cette réflexion fait d’ailleurs écho à l’utilisation de l’IA dans les discours politiques. Pour l’instant, les études montrent que la part d’IA dans leur rédaction serait assez faible.
Parce que le discours politique doit être cohérent avec une stratégie, avec la voix et la pensée de celle ou celui qui le porte. Plus encore, le politique, comme tout orateur, doit assumer l’après discours. Il porte la responsabilité ce qu’il dit et doit donc répondre aux interrogations, contestations etc.
L’IA ne peut pas donc pas tout. C’était d’ailleurs le sujet de la chronique de Yaël Goosz dans le 5/7 de France Inter « L’IA tient-elle la plume de nos politiques ? » le 24 septembre dernier.
Donc, si l’IA est un excellent support, à l’humain de transformer l’essai à l’oral pour incarner, convaincre et répondre.
