« I am not bossy, I am the boss » (“Je ne suis pas autoritaire, c’est moi la cheffe”) !
Facile à dire ?
Être le boss, c’est fédérer autour d’une vision, être un passeur de convictions pour pousser à l’action.
C’est donc la capacité à communiquer, à parler, pour rassembler.
Pourtant, dans ce rôle, trop souvent, les femmes s’effacent.
Leur voix reste voilée et leur prise de parole bridée.
Les raisons sont multiples : syndrome de l’imposteur, de la bonne élève, peur de se vendre, désamour pour leur voix, peur de paraître arrogante, préférence pour les actes plutôt que pour les paroles …
Pourtant, le leadership s’incarne dans la parole.
Les cadres dirigeantes doivent donc prendre leur communication orale en main et oser.
Comment ?
La voix féminine, une voix comme une autre
Nombre de femmes se plaignent de leur voix : trop aiguë, trop faible.
« Je n’aime pas ma voix » est une des phrases que j’entends le plus souvent quand j’accompagne des femmes mais que je n’entends jamais de la part des hommes !
Il y a des stéréotypes autour de la voix et ceux ayant trait aux voix féminines sont peu flatteurs : hystérie ou douceur maternante là où la gravité masculine serait l’incarnation de la puissance et du leadership.
En d’autres termes, une voix grave et puissante l’emporte sur la voix fluette ou aigue.
Ces mythes sont d’autant plus tenaces là où l’éloquence reste reine, chez les avocats pénalistes : parler fort, c’est avoir raison, avoir une stature, « en imposer ». Qu’est-ce que le ténor du barreau, dans l’imaginaire, sinon celui qui réunit ces caractéristiques ?
La femme cadre dirigeante serait donc face à ce dilemme : rester elle-même au risque de paraître hystérique, séductrice ou trop maternante ou adopter les codes masculins, comme la grosse voix, au risque de surjouer et de sonner faux.
Pourtant, limiter la question de l’éloquence au seul timbre de la voix est réducteur et absurde !
C’est oublier que votre voix, c’est l’expression de votre personnalité et de votre singularité.
Et cette singularité ne doit pas s’effacer devant des stéréotypes de genre.
Au contraire !
Cela commence par se familiariser avec sa voix. L’écouter, l’accepter. Ne pas en faire un obstacle, juste une donnée.
En effet, si vous n’aimez pas votre voix, comment donner envie aux autres de vous écouter ?
Par ailleurs, il n’existe aucune loi selon laquelle une belle voix grave serait plus impactante.
Une voix peut être belle à l’écoute mais soporifique et sans impact, tandis qu’une voix aiguë ou fluette peut parfaitement capter l’attention.
Retenez : votre voix, quelle qu’elle soit, est un instrument comme les autres, un instrument qui se travaille.
Faire de sa voix l’instrument de son leadership
Pour gagner en leadership et rendre vos prestations mémorables, le secret d’une bonne voix réside d’abord dans le rythme de vos prises de parole.
Le rythme, c’est l’alternance de moments rapides, plus lents, plus forts ou plus doux. Concrètement, c’est parler plus vite ou réduire le volume par exemple, en fonction du message que vous faites passer.
Varier le rythme implique aussi des moments de suspension, des moments de silence. Ne dit-on pas que savoir parler, c’est savoir se taire ?
La maitrise de la voix, c’est donc aussi la maitrise des silences, ces moments suspendus où la parole continue encore de se diffuser, où la connexion avec l’auditoire est totale.
« Le silence après Mozart, c’est encore du Mozart… ».
C’est donc bien la capacité à jouer avec votre propre voix, votre instrument vocal qui aura un impact, peu importe le timbre ou la hauteur de celui-ci.
Une voix alignée avec le propos
Une prise de parole qui marque, c’est une voix qui se met au diapason de l’intention.
Trouver sa voix suppose donc avant toute chose de trouver sa voie. Concrètement, votre voix sert un message qui, lui-même, repose sur une intention (convaincre, sensibiliser …).
Trouver votre voie, c’est donc réfléchir à l’état d’esprit qui vous anime.
Ce qui revient à vous poser deux questions incontournables durant votre préparation :
– Quel est l’objectif de ma prise de parole ?
– Quel est mon rôle ?
Vos réponses influeront sur votre message et aussi sur votre façon de le dire. Vous pourrez alors gagner en congruence, c’est-à-dire l’alignement entre ce que vous pensez (votre esprit), ce que vous dites (vos mots) et la façon dont vous le dites (votre posture et votre voix).
La récompense sera concrète : ainsi alignée, votre voix sortira spontanément plus posée et plus assurée.
N’oubliez pas non plus que votre voix n’est qu’un instrument au service de vos mots et rien ne sert de la forcer si ces mots sont bien choisis !
Des mots courts, des rimes, des verbes d’action, une parole bien structurée procurent rythme et musicalité à votre parole.
Ils ont le pouvoir de la rendre audible et performative, même avec une supposée « petite voix ».
Votre voix, c’est vous ! Libérez-la, osez la parole et incarnez votre leadership !
